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07/10/2014

Franchir le canal du Midi - Les ponts sur la Grande Retenue

Encore une publication de l'Inventaire général du patrimoine culturel de la Région Languedoc-Roussillon.

Beaucoup de livres ont été publiés sur le canal du Midi. Celui-ci apporte un éclairage nouveau sur des ouvrages peu étudiés jusqu'à présent : les ponts qui le franchissent entre Argens et Béziers.Lors de sa construction, le canal du Midi a été une véritable barrière qui a coupé les circulations anciennes pour en créer une nouvelle.

Le rétablissement des communications n'étant pas à la charge de Pierre-Paul Riquet, ce sont les Etats de Languedoc et les diocèses qui ont construit les ponts pour servir l'économie et les dessertes lointaines.Les communautés d'habitants ont participé, par l'impôt, à la construction des ponts qui leur permettaient de rejoindre leurs champs.

 

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CRUZY, entre vignes et canal

Une nouvelle publication d'un village voisin d'Ouveillan est parue : Cruzy, entre vignes et canal.

Cette publication a été réalisée par les chercheurs de l'Inventaire général du patrimoine culturel du Conseil Régional (Jean-Michel Sauget, Josiane Pagnon et Lionel Rodriguez pour le domaine de Sériège). 

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Entre montagne et plaine, Cruzy est une commune viticole situé sur un territoire de transition.

Le livre évoque le canal qui borde la commune, les grands chemins qui parcourent son terroir, les ressources naturelles (pierre, gypse, terre, eaux) et l'économie viticole de la commune.

L'ouvrage présente ensuite le castrum villageois, ses remparts, l'église Sainte-Eulalie et son patrimoine mobilier religieux, l'habitat et son évolution au cours du temps, le village au XIXe s. entre prospérité et crises viticoles.

Le tout agrémenté de très belles photos de Marc Kérignard et une mise en page de qualité de Véronique Marzo.

Une belle monographie villageoise bien documentée à lire et à regarder.

 

19/03/2008

L'étang d'Ouveillan

L’étang d'Ouveillan est une dépression fermée, délimitée de tous les côtés par les reliefs des Roquevaquières (61 m), de la Grangette, du Colombier, du village, du Cabirou et d’Aiguefer. Il constitue un bassin versant d’une centaine d’hectares vers lequel les pentes descendent vers le centre de la cuvette à une altitude de 8 m. L’étang est drainé par un réseau de fossés le long desquels poussent des tamaris. A l'occasion des fortes pluies d'automne ou d'hiver, il est régulièrement rempli d'eau.

La beauté de cet ensemble paysager dominé par les collines, au sein de la plaine viticole, mérite d’être soulignée et d’être préservée dans le futur.

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Mais comment cet étang s’est-il formé ?

L’eau et le vent ont modelé et modèlent encore les paysages que nous voyons aujourd’hui. Le Cers, le Marin et le Grec en ont été les sculpteurs durant des millénaires. Le relief de l’arrière pays Narbonnais et Biterrois est constitué de séries de pechs et de collines dominant des plaines et de nombreuses cuvettes ou dépressions.

La plus connue de ces dépressions souvent dénommées étangs est celle de Montady, encadrée et dominée par le relief de l’oppidum d’Ensérune et par celui du village. Ces reliefs qui ont des formes allongées trahissent leur origine. Il s’agit en fait d’anciens creux, des fonds de vallées de l’époque Tertiaire (5 millions d’années), remplis de matériaux durs, qui sont devenus bosses par l’action de l’érosion durant la période du Quaternaire. Durant cette période périglaciaire - entre 250 000 et 20 000 - dans un climat très froid et sec, des vents violents ont mis en action des éléments minéraux (sables, graviers) qui en tourbillonnant ont créé des cuvettes que l’on dénomme « dépressions éoliennes ».

Entre les deux reliefs de l’oppidum d’Ensérune et de Montady, le sol constitué de roches plus tendre a été soumis à l’érosion éolienne qui a creusé la dépression et mis en relief les roches plus résistantes (oppidum d’Ensérune et Montady). Les spécialistes estiment que l’action du vent a déplacé plus de 120 millions de m3 de matériaux pour constituer la cuvette.

Ces formes de reliefs sont très fréquentes en Languedoc-Roussillon et particulièrement représentées entre le seuil de Naurouze et la mer : Mas-Sainte-Puelles, Jouarres, Marseillette, Ouveillan, Preissan, Capestang, Vendres, Bages, Sigean, Doul…

Beaucoup de ces dépressions éoliennes ont été ennoyées par la mer, par deux fois, durant le Quaternaire lors de la remontée du niveau marin : il y a 125 000 ans pour les étangs de Vendres et de Capestang et il y a entre 10 000 et 7000 ans pour les étangs autour de Narbonne.

Ces nombreuses dépressions éoliennes, totalement fermées et marécageuses, ne sont alimentées que par les eaux de pluies qui ruissellent sur les versants. Seule, l’action de l’homme à partir du Moyen-Age a permis de drainer ces étangs comme à Montady où un système de drainage rayonnant exceptionnel a été mis en place au XIIIe siècle. A Ouveillan, les tentatives d’assèchement au début du XIVe siècle n’ont pas réussi et c’est finalement il y a 130 ans, en 1867, qu’il a été réellement asséché.

Pour en finir avec ces éléments de géologie, il ne faut garder en mémoire que l’homme préhistorique a été contemporain des phases de creusement des dépressions éoliennes et de l’ennoiement des étangs de Capestang, de Vendres et autres étangs littoraux.


Pour en savoir un peu plus sur ce sujet :
Jean-Loup ABBE, A la conquête des étangs. L’aménagement de l’espace en Languedoc méditerranéen (XIIe-XVe siècles), Presses Universitaires du Mirail, octobre 2006, 331 p.
http://w3.terrae.univ-tlse2.fr/spip/spip.php?article165