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17/06/2010

Le château des archevêques de Narbonne à MONTELS (34)

Sur les bords de l’étang de Capestang à Montels, en bordure de la route départementale de Cuxac à Capestang, qui traverse le village se trouvent les vestiges du château de Montels.  Il se situe sur un éperon marno-calcaire qui domine au nord, à l’est et au sud, l’étang d’une quinzaine de mètres.

 

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Ce château cité au XIIe siècle (1152) puis en 1157 dans un diplôme de Louis-le-Jeune an faveur de l’église de Narbonne. Mais le château encore visible aujourd’hui est plus tardif, certainement du XIIIe s. Au XIVe siècle, il est dans les possessions de l’archevêque de Narbonne. Il semble avoir été détruit au XVIe siècle puis démantelé. Il a servi de carrière de pierres. Certains pensent que ses pierres ont été utilisées pour des ouvrages du Canal du  Midi. Toutefois, il est encore figuré  sur le cadastre de 1809 dont le plan mentionne « château ruiné ». Il est figuré sous forme d’un quadrilatère de bonnes dimensions renforcé de 4 tours aux angles.

 

 

 

 

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Sur place on peut observer des vestiges encore visibles en élévation sur plusieurs mètres : courtine, plusieurs tours et fossés. La courtine (à l’est) et la tour du nord-est possèdent de beaux exemples de pierre taillées à bossages.

 

 

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Ce château est l'une des possessions de l’archevêque de Narbonne la mieux pourvue en documents d’archives. Les Comptabilités Vaticanes et le Livre Vert  permettent d’avoir une bonne image de celui-ci. L'ensemble de bâtiments autour du château est décrit : tinel, camera, retrocamera etc.., une cuisine, un escalier à vis dans une tourelle proche de la cuisine, un moulin avec son béal (qui est réparé, lui-même attenant au château).

 Les recherches en archives départementales de l’Aude et le dépouillement bibliographique menés, il y a plusieurs années par Madame Geneviève Durand, donnent un aperçu du château à la find du Moyen-Age et durant l’époque moderne :

 

 

Chanoine Griffe (érudit Audois-XXe siècle)

 …château possédait une chapelle dédiée à Saint-Georges ” (Procès-verbal de 1464)

 

 Laurent P. Livre Vert de l’archevêque de Narbonne-Paris, Picard 1886-P XXII

“ Un château avec garennes et autres dépendances, une grande et belle maison au-dessous du château, un verger et un moulin contigus à la dite maison. Près de la porte du château, des écuries pour les chevaux et des greniers pour conserver le foin et le blé, un four, un pré, huit condamines, deux vignes ”.

 

Bergerie de Montels , (Texte d’état des lieux- Seconde moitié du XVIIIe siècle  avant 1764) AD11,  G 392

“ Il y avait anciennement un château au dit lieu qui fut déclaré vétuste par arrêt du conseil du 6 avril 1726, à l’exception d’une cave souterraine ou l’on enferme les troupeaux à laine. Ses dimensions sont de huit toises de long par trois toises de large. Elle est dégradée, deux fenêtres au sud, on descend dans ladite bergerie.

 

Bibliothèque Municipale de Montpellier, Visite commentée du dessinateur Amelin, du village et du château de Montels-Vers 1822

“ …Montels avait un château  qui semble faire remonter l’origine du village à une époque assez reculée, mais nous n’avons rien trouvés sur ses commanditaires, d’ailleurs quelle importance ? Ce château dont les restes existent encore, était sur carré de 60 mètre de côté, flanqué aux angles de tours rondes, bien situé au bord de la route de Narbonne à Capestang .

Son premier maire (de Montels) fut Gédéon Minocle nommé le 23 octobre 1693. Les gages étaient de 10 ….

L’église et le village jouxtent …. de même que la commune de Capestang…. ”

 

Actuellement, il est question de livrer les terrains du château à des aménagements qui risquent de le détruire. Il y a urgence à le protéger!

 

Bibliographie :

BONNET E., Répertoire archéologique du département de l’Hérault. Périodes wisigothiques, carolingiennes et romanes, Montpellier, 1938, p. 38-39.

SALCH C.-L.,  Dictionnaire des châteaux et des fortifications du Moyen-Age en France, 1987, p. 786.

 

 

 

12:02 Publié dans Patrimoine | Lien permanent | Commentaires (3)

05/05/2010

La cave coopérative d'Ouveillan

Société coopérative de vinification « Les Vignerons d’Ouveillan », aujourd’hui S.C.V. « Les Vignerons du Narbonnais »

par Jean-Michel SAUGET

 

La société est crée le 30 décembre 1935 et le Conseil d’administration lance immédiatement un appel à candidature auquel répondent quatre architectes : Ladousse, Gibert, Hérans et Lacombe.

Lacombe est complètement inconnu dans le petit monde des maîtres d’œuvre agréés par le service du Génie rural du ministère de l’Agriculture de Carcassonne et il n’a jamais construit de cave coopérative. Gaston Ladousse est encore inconnu dans l’Aude. Il a épousé une Audoise et s’est installé à La Nouvelle et n’a encore pas construit de cave coopérative. Henri Gibert, installé à Narbonne a déjà travaillé comme architecte communal pour Ouveillan dont il a suivi les travaux d’assainissement. Il est également l’auteur des caves de Luc-sur-Orbieu, sa commune natale, de Montredon, Cuxac, Argeliers (Les Vignerons, « cave des riches ») ainsi que celle de Narbonne. Marcel Hérans, Marcellin Héran de son vrai nom, est originaire de Lozère et s’est aussi installé à Narbonne. Il n’a pas encore beaucoup d’entregent dans le milieu de la coopération viticole mais il est choisi cette  même année pour construire la cave de Moussan, du moins la première cave qui sera complètement éclipsée par la réalisation régionaliste de René Villeneuve en 1949. Marcel Hérans construit, toujours en 1936, la cave de Coursan (L’Espérance) qui sera complètement transformée par Paul Brès en 1960. Il construira par la suite la cave de Fleury d’Aude, si caractéristique avec ses deux tours de façade et celle d’Armissan qui lui ressemble.

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Le Conseil choisit Gaston Ladousse en janvier 1936 et demande au service du Génie rural de l’agréer. Ladousse suivra fidèlement tous les travaux de modernisation de la cave, entre 1936 et sa mort survenue en 1964, alors même qu’il a quitté La Nouvelle pour s’installer d’abord à Castelnaudary puis à Toulouse en passant par Jurançon, ce qui explique l’homogénéité architecturale que la cave a su garder depuis le début.

 

Les terrains retenus pour l’édification de la cave sont achetés à la compagnie de chemin de fer d’intérêt local, le « tramway » bien connu des anciens dont il ne subsiste que le hangar à matériel qui sera réutilisé par la suite. L’entreprise Camel, de Narbonne, commence les travaux en février et la cave ouvre le 7 septembre 1936. Cette entreprise sera régulièrement retenue par le Conseil d’administration pour les différentes campagnes d’agrandissement. Ouveillan est la toute première cave construite par Ladousse qui va innover sensiblement en proposant un bâtiment assez différent des caves voisines par sa morphologie élancée et un fort développement en longueur au terme de quatre agrandissements successifs. Sur le plan technique, il innove en proposant de superposer les cuves sur deux étages, solution la plus courante utilisée dans l’Hérault mais pas dans l’Aude où la première expérience de ce type a été tentée en 1933 par René Villeneuve dans les caves de Sigean et de Canet d’Aude en 1933. Le plan proposé pour Ouveillan sera repris par Ladousse pour les caves de Vinassan et de Trausse en 1937 et encore à Arzens en 1949. Pour ces trois réalisations, il modifie légèrement les avant-corps et équipe le mur pignon d’une toute petite croupe décorative. A Vinassan, Ladousse s’inspire, plus largement qu’à Ouveillan, du courant régionaliste qui émerge progressivement, en plaquant sur les murs un appareil polygonal à joints beurrés.

La cave se compose de deux vaisseaux longitudinaux accolés construits en moellons apparents irréguliers précédés d’un avant-corps en moellons assisés et joints beurrés accolé aux murs pignons des vaisseaux traités en fronton à base interrompue par des retours horizontaux de génoises. Les toits à longs-pans sont portés par une charpente métallique et une rangée de poteaux reposant sur les cuves superposées sur deux niveaux et quatre rangées parallèles séparées par deux allées médianes. Le hall de travail, installé derrière l’avant-corps,  est éclairé par deux baies semi circulaires inscrites dans les murs pignons. Des baies triplées, percées sur les murs gouttereaux, apportent un complément d’éclairage au hall de travail. Deux autres jeux de fenêtres triplées, situés en partie médiane et en fin de vaisseaux, éclairent les deux autres halls de travail abritant d’autres pressoirs. La façade postérieure de chaque vaisseau est encore percée de baies en plein cintre superposées à de grandes fenêtres verticales surplombant les portes charretières.

L’avant-corps à un étage est couvert d’un toit à croupes surmontant une génoise. La travée centrale est constituée d’une grande baie, couverte d’un arc en plein cintre, surmontée d’un fronton cintré surélevé. Elle sépare les quais disposés par paires ainsi que le logement du gérant et les bureaux à l’étage. Un bandeau courant enduit couronne le mur de façade et porte l’inscription en lettres Art déco sur le fronton.

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Le premier agrandissement est voté en décembre 1936 pour faire face aux nombreuses inscriptions de nouveaux coopérateurs. Les travaux sont entrepris immédiatement et le bâtiment existant est prolongé vers l’arrière. En raison des problèmes rencontrés avec l’entreprise chargée de la construction de la charpente métallique, le nouvel appel d’offre revient à l’entreprise Valette et Rouanet de Béziers. L’agrandissement porte sur l’allongement des vaisseaux jusqu’à la moitié du bâtiment actuel, avec l’installation, dans la partie médiane du bâtiment, de quais d’apport situés côté. Un nouveau hall de travail, avec pressoirs, est installé au rez-de-chaussée tandis que des cuves sur piliers occupent l’étage. Fin 1938, un deuxième agrandissement est prévu et, en 1939, le poste électrique est construit dans la cour, tandis que le troisième agrandissement, décidé en octobre 1939, concerne la construction de nouvelles cuves dans le bâti existant. Fin 1938, au terme de trois agrandissements successifs, la cave atteint le chemin bordant le fond de la parcelle et ne peut plus s’étendre. Les futures extensions envisagées sont faites sur l’hypothèse de la construction d’un troisième vaisseau accolé à droite des premiers vaisseaux (projet de janvier 1939). En 1941, un nouvel agrandissement (le 4e) est décidé malgré la pénurie des matériaux ; en octobre 1944, le 5e est projeté mais le conseil d’administration doit réfléchir à un projet cohérent qui suppose l’acquisition du terrain bordant la cave à l’est. En 1945, Ladousse propose le nouveau projet à trois travées, qui reprend le précédent laissé sans suite, puis un autre à quatre mais, devant l’impossibilité d’acquérir le terrain nécessaire, rien ne se décide avant 1947. Le nouveau projet, identique au précédent, est accepté mais les difficultés d’acquisition du terrain convoité font capoter le dossier. En 1950, nouveau projet mais seule la construction des nouveaux quais abrités dans un kiosque circulaire à six bennes est réalisée  dans la cour orientale. Cet édicule reprend la morphologie des quais que Ladousse avait installés la même année à Arzens puis à Saint-Hilaire.

 

En 1956 (la date est inscrite au-dessus de la porte d’accès), construction de 8 cuves rondes en béton de l’autre côté du chemin dans le prolongement du vaisseau droit de la cave. Cette extension est complétée par un chai le long de cette cuverie en 1961. Ladousse meurt en 1964, après avoir livré sa dernière cave installée à Aragon en 1963.

En 1963, le terrain situé contre la cave, à l’est, est enfin acquis

 

En 1966, Pierre Henry Reverdy remplace Ladousse pour la construction du prolongement du chai de 1961. Cet architecte, qui a travaillé pour René Villeneuve au début des années cinquante, appartient à la nouvelle génération de maître d’œuvre qui ne réalisent plus que des agrandissements. Il travaille à cette époque pour le compte de la cave de Fleury. La collaboration sera brève puisque la même année, Pierre Rieux est chargé de la construction de deux vinificateurs continus, système Ladousse et Pujol d’une capacité de 150 tonnes, contre la cave, derrière le kiosque mais le projet n’aboutit pas. Ces vinificateurs avaient été mis au point dès les années cinquante par Gaston Ladousse qui s’associe au début des années soixante avec les ateliers Pujol d’Argeliers pour en assurer la commercialisation. Pierre Rieux est de la même génération que Reverdy mais il a déjà à son actif la création des caves de Roubia, de Pépieux et de Salsigne où, semble-t’il, il a évincé brutalement un architecte de l’ancienne génération, Jean-Félix Tarbouriech. En 1969, un grand chai, abritant des cuves rondes (chai Biard), est installé dans la cour, à l’est, derrière les anciens locaux du « tramway ». Les travaux sont réalisés par un ingénieur de la DDA de Carcassonne, R. Goutay. En 1972, deux quais de l’avant-corps sont désaffectés pour y installer des bureaux puis, en 1974 et en 1975, deux vinificateurs continus Pujol, d’une capacité de 150 tonnes et un poste de pressurage fixe sont installés contre la cave, derrière le kiosque. La politique de modernisation de la cave se poursuit tout au long des décennies suivantes : quais, nouveau chai derrière le chai Biard, cuverie inox le long de la cave dans les années 1990 et enfin, à la fin de la décennie, construction d’un caveau de dégustation devant l’avant-corps qui conserve son intégrité. La cave absorbe celle de Sallèles-d’Aude au début des années 2000, puis fusionne avec celle de Narbonne. Une nouvelle campagne de travaux est activée pour répondre aux nécessités de modernisation des installations et accueillir la vendange de Narbonne quand ce site sera fermé.

 

 

 

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 Pour en savoir plus sur les caves coopératives du Languedoc-Roussillon :

 Jean-Michel Sauget, Jean-Louis Vayssettes, Geneviève Gavignaud-Fontaine, Jean-Marc Touzard, Caves coopératives en Languedoc-Roussillon, édit. Lieux-Dits, 2010, 255 p.

 

 

Présentation de l'éditeur : "Cathédrale du vin " du Languedoc-Roussillon, la cave coopérative rythme le paysage et s'impose comme l'édifice emblématique du village. La "coopé " est chère aux Languedociens... Avec plus de 550 caves, la région s'érige en symbole du mouvement coopératif viticole français, marquant de son empreinte les mentalités et les campagnes. Leur création, au début du xxe siècle, s'inscrit dans une dynamique européenne, mais s'avère également être une réponse aux grandes crises qui secouent le Midi viticole. L'histoire des caves coopératives s'écrit à travers richesses architecturales et défis économiques sans cesse renouvelés. Marquée par l'identité méridionale, des décors sculptés aux matériaux, l'architecture des caves coopératives oscille entre patrimoine industriel et oeuvre architecturale. Innovations industrielles et perfectionnement des techniques de vinification émaillent le récit des caves coopératives, aujourd'hui confrontées à la mondialisation et à la question de leur reconversion. D'où l'importance de mettre en perspective ce patrimoine méconnu et menacé, à la fois modeste et superbe.

 

A feuilleter sur Internet : http://www.amazon.fr/Caves-coop%C3%A9ratives-Languedoc-Ro...

 

 

 

31/01/2009

Les châteaux de la richesse viticole : le domaine

La cave : c’est la fierté du propriétaire ! Elle est faite pour être vue de loin. Il peut y avoir plusieurs vaisseaux de cave.
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Les foudres sont alignés et séparés par une allée centrale ou latérale. Ils ont été remplacés par la suite par des cuves en ciment. Le pressoir pouvait être à l’entrée de la cave. A l’étage de la cave, le plancher était percé des trappes à l’aplomb des foudres.

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Les communs du château : Ils mettent aussi en valeur le domaine.
Les bâtiments d’exploitation ont des situations variées. Ce sont soit des anciens bâtiments qui ont été adaptés à la viticulture, soit de nouveaux bâtiments, souvent construits avant le château ou dans la même que le château, par l’architecte, pour assurer l’unité architecturale.


Ils s’organisent souvent autour d’une cour centrale, ils comprennent :
• Le logement du personnel : régisseur et ramonet
• Les écuries, les bergeries, le poulailler, le pigeonnier, la forge …
• Quelquefois il existe des écuries de selle qui ont vu le jour avec la mode de l’équitation qui s’est développé, à cette époque, dans les classes aisées. Avec l’arrivée de l’automobile ces écuries de selles ont souvent été transformées en garage.

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L’alimentation en eau du domaine : L’eau est nécessaire pour la vinification et le personnel. Certains domaine possèdent des châteaux d’eau ou sont alimentés par des sources ou des forages.Thézan.jpg

Au château de Rouière (34 - Quarante), une éolienne a été construite par Auguste Bollée en 1898 (Inscrite à l’Inventaire supplémentaire des Monuments Historiques en 1987). Ce type d’éolienne a été présenté à l’Exposition Universelle de Paris en 1900. Le modèle sera ensuite vendu sur catalogue et aura un grand succès commercial en France et à l’étranger. Chaque exemplaire, pourtant produit en série, pouvait être adapté sur place selon les désirs de l'acquéreur et les situations. La différence qui existe entre une éolienne classique et l’éolienne créée par Bollée vient de son système ingénieux d'orientation en fonction de la direction du vent. En effet, le créateur de ce type d'éolienne a mis au point une roue auxiliaire qui lui permet de s'orienter toute seule en fonction du vent dominant. Il n'y a donc pas nécessité d'ajouter un gouvernail comme sur une éolienne classique.
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Un mur de clôture entoure la propriété qui est munie d’une grille d’entrée en fer forgée plus ou moins élaborée (au Terral et à Preissan). Il relie souvent entre eux les différents bâtiments et met en valeur la propriété.Terral8.jpg
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