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18/01/2009

Les châteaux de la richesse viticole : l'organisation intérieure

Au sous-sol se trouvaient les cuisines, l’office, les réserves, la buanderie, le cellier, le bûcher et la chaufferie lors de l’apparition du chauffage central.

Au rez-de-chaussée, les pièces sont en enfilade ou distribuées autour du vestibule. On y trouve également la salle à manger, le grand salon, les petits salons, le fumoir, le salon de musique, la bibliothèque et la salle de billard.

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Château de Céleyran - Salles d'Aude (11) - Salle à manger

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Château de Gaussan - Bizanet (11) - Salle à manger
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Château de Céleyran - Salles d'Aude (11) - Grand Salon

Un escalier permet d'accéder à l'étage. Il prend naissance dans le vestibule. Il est souvent en marbre ou en bois précieux et il est éclairé par des vitraux.
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Château de Céleyran - Salles d'Aude (11) - Grand escalier

Les chambres, dont le volume et la décoration diffèrent selon les occupants (adultes, invités, enfants) sont au 1er étage. Un lit, souvent à baldaquin, occupe la chambre et un cabinet de toilette était placé dans la tour quand c’était possible ou un réduit.
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Château de Céleyran- Salles d'Aude (11) - Chambre avec lit à Baldaquin

Au deuxième étage et dans les combles était logée la domesticité.


La décoration intérieure des châteaux

Dans le style Renaissance, on met en œuvre le bois précieux du parquet au plafond, on aménage de hautes cheminées sculptées en bois ou en pierre, avec incrustations de marbre ou de marqueterie, le foyer est bordé de carreaux de faïence

La décoration intérieure des châteaux de style « brique et pierre » comporte des boiseries peintes en gris ou vert encadrant des murs tendus de tissu plus ou moins gai, les cheminées sont en marbre avec des consoles surmontées de glaces dorées. Des peintures occupent le dessus des portes.

Les châteaux de la richesse viticole à Ouveillan

Les châteaux de la richesse viticole à Ouveillan

A la fin du 19e siècle et au tout début du 20e siècle, la viticulture est source de richesse pour la grande plaine biterroise et narbonnaise. Dans ce contexte économique favorable, les grandes familles bourgeoises, les propriétaires terriens, investissent dans le vignoble et construisent des châteaux aux toits en ardoise, entourés de parcs et de jardins.

Leur architecture reprend des modèles du passé : néo-médiéval, néo-Renaissance, néo-Louis XIII dit « brique et pierre ». Ces châteaux sont l’œuvre d’architectes à la mode comme Louis Garros (architecte bordelais) ou Léopold Carlier (architecte montpelliérain) mais bien souvent aussi l’œuvre d’architectes inconnus.

La commune d’Ouveillan ainsi que les communes qui nous environnent Cruzy, Capestang, Cuxac, Moussan ou Narbonne, possèdent toutes un ou des châteaux de cette période. Ils sont indissociables de notre paysage viticole, de l’histoire récente du Bas-Languedoc, de la viticulture et de celle du grand domaine foncier.

Ils ont fait l’objet de plusieurs études comme celle de Catherine Ferras à la fin des années 1980 et plus récemment celles de Jean-Denis Bergasse et de François Michaud.

Le château occupe souvent un lieu anciennement habité : villa gallo-romaine, château médiéval, grange cistercienne (Le Terral), commanderie Preissan. La construction du nouveau château va se superposer à l’ancienne occupation qui est démolie (Grézan), les anciens bâtiments sont relégués à l’état de dépendances (Sériège), enfin, le château peut s’accoler, remanier ou incorporer les anciens bâtiments.

Le château du Terral, de style néo-Renaissance est un des exemples les plus significatifs des châteaux de la richesse viticole. Il a été construit, de 1899 à 1909, par l’architecte bordelais Louis Garros pour André d’Andoque. Le parc, de forme triangulaire, a été dessiné par un architecte-paysagiste bordelais, très renommé, Le Breton.
Pour plus de détail sur ce château allez consulter la fiche établie par mon regretté collègue André Signoles, lors de la protection du château au titre des Monuments Historiques, avec le lien suivant : http://www.languedoc-roussillon.culture.gouv.fr/fr/0index...
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Le château de Preissan

, de style « brique et pierre » en vogue sous Louis XIII, évoque l’architecture de la place des Vosges à Paris. Il est une parfaite imitation du château de Courances (91). Le parc comprenait un étang d’un hectare et une chapelle.

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27/06/2008

La grange cistercienne de Fontcalvy a failli être victime de la guerre !

L’histoire de la sauvegarde de la grange de Fontcalvy prend naissance en 1943. La zone libre est occupée et les troupes allemandes chargées de mettre en défense le littoral audois contre un éventuel débarquement des Alliés en Méditerranée, décident de récupérer les pierres de la grange pour construire leurs défenses.

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Alerté par l’abbé Sigal, l’architecte Nodet modifie sa tournée d’inspection du 19 avril 1943 pour se rendre à Fontcalvy et juger de l’intérêt de l’édifice.

A l’issue de cette visite, l’inspecteur général Collin et lui-même envoient par la Sous-préfecture de Narbonne au service des Beaux-Arts du Ministère de l’Education Nationale de Vichy le télégramme suivant : « VOUS DEMANDONS TELEPHONER PERCHET NECESSITE CLASSER EXTREME URGENCE FERME FORTIFIEE 13° SIECLE FONTCALVY COMMUNE OUVEILLAN (AUDE) MENACEE DEMOLITION. PROPRIETAIRES CONSENTANTS. RAPPORT SUIT. AVISER DOCTEUR MEBIUS, COLLIN. NODET

Le rapport de visite est adressé à Monsieur le Directeur des Services d’Architecture – Monuments Historiques le 30 avril 1943. Il fait une description rapide de la grange accompagnée en marge d’un petit plan de Fontcalvy. En conclusion, l’architecte Nodet dit que « C’est un ensemble très intéressant d’architecture rural fortifiée du 13° siècle qui mérite le classement. Les troupes d’opération voulaient en faire une carrière : la mairie s’y était opposée. J’ai prescrit de réponde en cas de retour offensif que le monument était classé. »

Depuis la Révolution et sa vente comme bien national, la grange appartenait à plusieurs propriétaires aussi la mairie d’Ouveillan va rechercher les intéressés. Pour terminer, Nodet s’inquiète de ne pas avoir reçu l’avis d’ouverture de l’instance de classement et rappelle qu’il y a urgence.

Le 13 octobre 1944, les services des Beaux-Arts semblent s’inquiéter de l’état de l’édifice puisqu’ils demandent, par courrier, à l’architecte Nodet dans quel état les troupes allemandes l’ont laissé. Un courrier de Nodet en date du 28 octobre 1944 rassure et signale que la grange n’a subi aucun dégât.

Le 9 mars 1945, l’architecte Nodet indique dans un nouveau courrier « les évènements ne m’ont pas permis d’envoyer avant aujourd’hui un rapport de classement complet » et qu’il s’acquitte donc de celui-ci par ce courrier. Ce rapport comprend des renseignements d’ordre historique, une description architecturale et reformule sa demande de classement en précisant les parcelles concernées et en fournissant la liste des propriétaires.

Finalement, la grange de Fontcalvy est inscrite sur l’inventaire supplémentaire des Monuments Historiques par arrêtés du 1er juillet 1946 et du 14 avril 1951.

A la fin des années 70, la grange, propriété d’une quinzaine de personnes, est dans un état d’abandon total. La municipalité a donc souhaité au début des années 80 se rendre propriétaire du bâtiment. C’est par des donations à la commune d’Ouveillan que les propriétaires céderont leur bien. Finalement en 1982, la commune d’Ouveillan devenait la propriétaire unique de la grange et demandait le classement de l’édifice au titre des Monuments Historiques. La grange a donc été classée Monument Historique le 9 décembre 1983.

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Depuis l’édifice a fait l’objet de deux études préalables à la restauration et à la mise hors d’eau réalisées par les architectes en chef des Monuments Historiques, Dominique Larpin (1989) et Régis Martin (2001). Entre ces deux études, divers travaux d’entretien, bien souvent liés à son utilisation comme lieu de manifestations.

Victime de son succès, la grange subit de plein fouet les effets de la surfréquentation à certaines périodes de l’année et à sa désaffection le reste du temps.

Il est grand temps de prendre en main le destin de ce monument rural cistercien unique en France.

15:35 Publié dans Patrimoine | Lien permanent | Commentaires (0)