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27/06/2008

La grange cistercienne de Fontcalvy a failli être victime de la guerre !

L’histoire de la sauvegarde de la grange de Fontcalvy prend naissance en 1943. La zone libre est occupée et les troupes allemandes chargées de mettre en défense le littoral audois contre un éventuel débarquement des Alliés en Méditerranée, décident de récupérer les pierres de la grange pour construire leurs défenses.

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Alerté par l’abbé Sigal, l’architecte Nodet modifie sa tournée d’inspection du 19 avril 1943 pour se rendre à Fontcalvy et juger de l’intérêt de l’édifice.

A l’issue de cette visite, l’inspecteur général Collin et lui-même envoient par la Sous-préfecture de Narbonne au service des Beaux-Arts du Ministère de l’Education Nationale de Vichy le télégramme suivant : « VOUS DEMANDONS TELEPHONER PERCHET NECESSITE CLASSER EXTREME URGENCE FERME FORTIFIEE 13° SIECLE FONTCALVY COMMUNE OUVEILLAN (AUDE) MENACEE DEMOLITION. PROPRIETAIRES CONSENTANTS. RAPPORT SUIT. AVISER DOCTEUR MEBIUS, COLLIN. NODET

Le rapport de visite est adressé à Monsieur le Directeur des Services d’Architecture – Monuments Historiques le 30 avril 1943. Il fait une description rapide de la grange accompagnée en marge d’un petit plan de Fontcalvy. En conclusion, l’architecte Nodet dit que « C’est un ensemble très intéressant d’architecture rural fortifiée du 13° siècle qui mérite le classement. Les troupes d’opération voulaient en faire une carrière : la mairie s’y était opposée. J’ai prescrit de réponde en cas de retour offensif que le monument était classé. »

Depuis la Révolution et sa vente comme bien national, la grange appartenait à plusieurs propriétaires aussi la mairie d’Ouveillan va rechercher les intéressés. Pour terminer, Nodet s’inquiète de ne pas avoir reçu l’avis d’ouverture de l’instance de classement et rappelle qu’il y a urgence.

Le 13 octobre 1944, les services des Beaux-Arts semblent s’inquiéter de l’état de l’édifice puisqu’ils demandent, par courrier, à l’architecte Nodet dans quel état les troupes allemandes l’ont laissé. Un courrier de Nodet en date du 28 octobre 1944 rassure et signale que la grange n’a subi aucun dégât.

Le 9 mars 1945, l’architecte Nodet indique dans un nouveau courrier « les évènements ne m’ont pas permis d’envoyer avant aujourd’hui un rapport de classement complet » et qu’il s’acquitte donc de celui-ci par ce courrier. Ce rapport comprend des renseignements d’ordre historique, une description architecturale et reformule sa demande de classement en précisant les parcelles concernées et en fournissant la liste des propriétaires.

Finalement, la grange de Fontcalvy est inscrite sur l’inventaire supplémentaire des Monuments Historiques par arrêtés du 1er juillet 1946 et du 14 avril 1951.

A la fin des années 70, la grange, propriété d’une quinzaine de personnes, est dans un état d’abandon total. La municipalité a donc souhaité au début des années 80 se rendre propriétaire du bâtiment. C’est par des donations à la commune d’Ouveillan que les propriétaires céderont leur bien. Finalement en 1982, la commune d’Ouveillan devenait la propriétaire unique de la grange et demandait le classement de l’édifice au titre des Monuments Historiques. La grange a donc été classée Monument Historique le 9 décembre 1983.

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Depuis l’édifice a fait l’objet de deux études préalables à la restauration et à la mise hors d’eau réalisées par les architectes en chef des Monuments Historiques, Dominique Larpin (1989) et Régis Martin (2001). Entre ces deux études, divers travaux d’entretien, bien souvent liés à son utilisation comme lieu de manifestations.

Victime de son succès, la grange subit de plein fouet les effets de la surfréquentation à certaines périodes de l’année et à sa désaffection le reste du temps.

Il est grand temps de prendre en main le destin de ce monument rural cistercien unique en France.

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18/06/2008

Les glacières

Les glacières étaient destinées à conserver la glace recueillie pendant l’hiver jusque dans l’été. De la fin de la période médiévale jusqu’au milieu du XIXe siècle, le climat de l’Europe est marqué par ce qui est connu sous le nom de « Petit Age Glaciaire » avec des hivers fréquemment rigoureux et donc pourvoyeurs de neige et de glace.

Dès le XVIIe siècle, se développe chez les nobles, la mode raffinée de consommer des glaces et des sorbets en été. Les besoins de conservation des aliments nécessite aussi du froid.

On va donc ramasser durant l’hiver, dans la Montagne Noire, dans les Pyrénées, la glace et la neige qui va être transportée et stockée dans des édicules souterrains, fermés de manière hermétique, appelés « glacières ». Elles sont aussi appelées puits à glace dans les Albères par exemple. Ces réserves de glaces se retrouvent dans les parcs de château mais aussi dans des endroits propices à cela, à proximité des villages.

Les premières glacières bâties semblent apparaître au XVIIIe siècle. Elles sont constituées d’une excavation cylindrique, elle sont maçonnées et couvertes d’un toit ou d’une voûte en coupole. Souvent, sur le côté nord, s’ouvre une porte donnant sur un petit couloir permettant d’entrer dans la glacière. Le toit est recouvert de terre lui donnant un aspect de dôme. La partie sommitale de la voûte est percée d’une ouverture permettant de verser la glace qui sera conservée dans la partie enfouie de la glacière. C’est l’apparition de l’électricité qui amènera l’abandon des glacières.

De telles glacières se rencontrent à Ouveillan mais aussi dans la campagne environnante : une magnifique non loin du Canal du Midi à La Croisade, sur le Mont-Carretou à Cuxac-d’Aude.

Photos de la glacière de La Croisade

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Le Castellas

Au sud du village, en bordure de l’étang salé, s’élève la butte du Castellas qui constitue l’emplacement de ce qui fut le premier château d’Ouveillan. Certains auteurs l’attribuent au XIe siècle, mais son aménagement et son occupation pourraient être antérieur d’un siècle au moins.

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Un dossier des Archives Départementales de l’Aude (3J303) conserve une série de plans d’Ouveillan établis à partir des compoix sans doute. Un de ceux là figure la butte du Catellas qui est dénommée « Vestiges du vieux château ».
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Dans les années 70, madame Bouïsset y a effectué quelques sondages : elle y aurait découvert et fouillé des silos. Mes souvenirs de ce site sont vagues, mais j’ai en mémoire la présence d’excavations circulaires dans la parcelle. Quand nous étions enfants, on nous disait de ne pas aller jouer là-haut car on risquait de tomber dans les « oubliettes ».
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Une partie du Castellas a été bâti anciennement, mais la partie est libre de construction recèle dans son sous-sol des vestiges de ce château et de l’histoire de notre village.

15:45 Publié dans Patrimoine | Lien permanent | Commentaires (0)